Je vais allaiter, si je suis capable !

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« Je vais allaiter, si je suis capable ! ». C’est une phrase que j’entends souvent en prénatal quand vient le temps de parler d’allaitement.  Et lorsque je demande : « Pourquoi vous ne seriez pas capable ? », les réponses qui viennent sont : « si j’ai du lait », « si mon lait est bon », « si je n’ai pas trop mal », «  si bébé est capable »…

Quand j’entends cette phrase, j’entends que les futurs parents sont conscients et bien informés des bienfaits de l’allaitement, mais j’entends aussi toutes les histoires d’horreur qu’ils ont entendues et qui leur font peur ! Voilà comment je leur réponds.

Quand une femme est enceinte, se pose-t-elle la question : « Je vais accoucher si je suis capable ? » ?! Bien sûr que non, mais elle regarde les différentes options qui s’offrent à elle pour vivre ce moment le plus harmonieusement possible selon ses valeurs. Souvent, lorsque nous sommes accompagnés, bien accompagnés, la grossesse et l’accouchement se passent mieux. C’est un peu la même chose pour l’allaitement, parfois, nous avons besoin d’un accompagnement et cela aide à ce que les choses se déroulent mieux…

Et il existe beaucoup de ressources. Tout d’abord, j’invite toute future maman à s’inscrire à un groupe d’entraide en allaitement pour avoir une marraine. C’est une ressource inestimable ! Une marraine est une maman qui a déjà allaité et qui a suivi une formation de base en allaitement de 18h, la même formation que suivent les infirmières en périnatalité. Les marraines sont disponibles 24h/24h, 7 jours semaine. Elles ne sont pas des fanatiques, mais des passionnées, et accompagnent les nouvelles mamans dans le respect de leurs valeurs et de leurs choix. Il vaut mieux l’avoir et, dans le meilleur des cas, ne jamais avoir à l’appeler que de courir après le jour où on en a besoin ! Ensuite, les CLSC offrent de multiples services pour soutenir les mamans qui allaitent : des cliniques d’allaitement et des rendez-vous individuels de suivis… Enfin, il y a les consultantes en lactation IBCLC (International Board of Certified Lactation Consultant). Elles travaillent parfois en milieu hospitalier, en CLSC ou en privé. Ce sont les professionnels de la santé qui ont l’expertise en allaitement. Çà, c’est pour les ressources.

Mais revenons à notre phrase ! Peut-on ne pas être capable d’allaiter ?

C’est important de noter que nous sommes faites pour allaiter. Nous sommes des mammifères. Notre corps est fait pour porter un enfant, le mettre au monde et le nourrir.  C’est la suite logique, physiologique des choses. D’ailleurs, que vous vouliez allaiter ou pas, votre corps s’y est préparé pendant la grossesse et toutes les femmes produisent du colostrum à la naissance. Aussi, les hormones sécrétées à la naissance, à l’expulsion du placenta, démarrent le processus de la lactation pour que la montée de lait ait lieu quelques jours plus tard. Enfin, le bébé à la naissance a tous les réflexes pour aller se nourrir au sein si nous lui en donnons le temps et lui offrons l’environnement propice à l’expression de ses réflexes.

Malheureusement, chaque intervention pendant le travail, la naissance et les heures qui suivent vient perturber cette séquence normale des choses à la naissance. Et du coup, nous entendons des choses comme: « Mon bébé est paresseux et ne veut pas téter » « Je n’avais pas de lait, bébé perdait du poids » « J’ai essayé, mais j’avais trop mal »  « Mon bébé ne sait pas téter ». La séquence normale à la naissance devrait être de mettre le bébé en peau à peau sur le ventre de sa maman, SANS INTERRUPTION, jusqu’à ce que le bébé rampe jusqu’aux seins DE SON INITIATIVE, et fasse le « pic-bois » pour trouver le mamelon et s’accroche au sein, SEUL, pour boire la première tétée. Cette séquence se produit dans les deux premières heures de vie et elle ne devrait en aucun temps être interrompue, à part si l’état de santé du bébé ou de la maman le demande bien sûr. Plus cette séquence est respectée, plus l’allaitement a de chance de bien partir, car cette séquence permet au bébé de s’organiser neurologiquement pour l’allaitement.

Mais parfois, cela ne suffit pas, cela n’est pas toujours aussi simple, même si c’est naturel. Et c’est là qu’il faut faire appel aux ressources. Il ne faut pas attendre. À la moindre douleur, au moindre inconfort, dès le début, demandez de l’aide. La douleur n’est en aucun temps normale en allaitement. Un bébé qui perd du poids, qui ne prend pas suffisamment de poids, ce n’est pas normal et cela nécessite que votre allaitement soit évalué pour trouver la cause du problème.  Si vous avez le sentiment de manquer de lait, consultez pour en trouver la cause.

Mais ne pensez jamais que votre lait n’est pas bon, pas assez nourrissant, pas assez riche pour votre bébé. Ce sont des mythes et c’est impossible. Manquer de lait, ça se peut par contre, mais souvent, il suffit de corriger la gestion de l’allaitement pour y remédier.

Bref, ne restez pas seule avec vos problèmes d’allaitement et avant de vous dire « je n’ai pas été capable », « mon allaitement n’a pas marché », consultez les ressources, toutes les ressources.  Un allaitement qui finit par un échec, c’est un deuil très difficile à vivre.

Vous vous donnez les moyens de vivre votre accouchement de façon harmonieuse ? Alors, donnez-vous également les moyens de vivre votre allaitement de façon harmonieuse!

Je vous souhaite un allaitement à la hauteur de vos désirs !

 

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Marie-Caroline Bergouignan
Consultante en lactation IBCLC
Au service de votre allaitement
Membre de l’équipe de BB à Bord – Accompagnement périnatal et Boutique
www.bbabord.com
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