La porte

08 - la porte

Je l’ai finalement ouverte cette porte que je maintenais cadenassée entre le monde extérieur et notre microcosme ; ce jour sans heures, sans nuit. Où les vendredis se confondent avec les lundis et où ne comptent plus que le nombre de tétés et de couches souillées. Entre les deux, quelques instants de somnolence sans rêve.

Ici, je me suis effacée. Je ne suis plus que mamelles. Je n’ai d’usage pour rien d’autre. Je goutte des yeux et des seins. Et mes larmes rejoignent celles de ma fille. Et celle de ma fille se précipitent auprès des miennes.

Il a donc fallu la rompre cette coquille qui nous abritait. Autoriser les amis à franchir la porte, leur laisser poser les mains sur bébé. Et avec leurs gestes, déposer aussi des paroles de la vie qui, en dehors de nous continue. L’ouvrage et les anecdotes des collègues. La campagne électorale où il faudra pour une première fois voter la tête vide.

Anne Genest - La Fabrique

Anne Genest – La Fabrique

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