Le développement moteur de l’enfant

mignon_bebe_actifDès sa première année de naissance, l’enfant commence à comprendre, explorer et essayer ce qu’il voit, touche et goûte. Plusieurs théories, comme Piaget, Freud ou Bowlby, met de l’avant le développement moteur, cognitif, affectif, social, langagier et de l’attachement. Une déficience dans l’une de ces sphères affecte la capacité d’un enfant à interagir avec son environnement.

Le développement moteur est la prise de contrôle progressive par l’enfant de son système musculaire. Tranquillement, la motricité primaire (réflexes archaïques) disparaît. Simultanément, son système nerveux central gagne en maturité et il est de plus en plus éveillé. L’expérimentation et la répétition de plusieurs actions motrices permettent à l’enfant de s’ouvrir vers son milieu et de développer son autonomie. Deux composantes du développement moteur seront développées dans cet article : la motricité globale et la motricité fine.

L’apprentissage commence tôt. Dès la naissance, l’enfant commence à bouger et est en constant apprentissage. Le rôle des parents envers son enfant est de l’amuser, jouer, s’impliquer, de le stimuler, d’expérimenter et de créer des activités adaptées aux capacités physiques et à l’âge de l’enfant. Les parents doivent être en mesure de connaître la moyenne d’âge d’acquisition et d’évolution normale de ces composantes en plus de reconnaître les signes d’alerte et de retard.

Voici quelques signes d’alerte de troubles de motricité ou tonus :

• Asymétrie, raideur, hypotonie musculaire localisée ou généralisée
• Marche sur la pointe des pieds persistante
• Rétraction des épaules lorsque l’enfant se tourne ou est en position ventrale,
• Tenue tardive de la tête (+ 6 mois), position assise tardive (+ 1 an), absence de marche (+18-20 mois), retard à la course (+ 2 ans)

La motricité globale englobe un ensemble de fonctions anatomiques, physiologiques, neurologiques et psychologiques qui assurent le mouvement. Les activités de cette catégorie sollicitent l’ensemble des parties du corps qui nécessitent l’intervention et la coordination de groupes musculaires importants. L’enfant doit être capable de produire des mouvements de bras, de jambes ou du corps avec un certain contrôle. La maîtrise de positions et les déplacements favorisent le développement de la coordination, de l’équilibre et aide également l’enfant à avoir une bonne perception de son corps dans son environnement (schéma corporel). La motricité globale regroupe 80% des activités. Elle se subdivise en trois catégories :
• Les mouvements non locomoteurs impliquent des changements de position ou de posture, sans déplacement dans l’espace (ex : lancer, attraper, pivoter, se pencher, se redresser, pousser, tirer, s’étirer, etc.)
• Les mouvements locomoteurs impliquent le déplacement du corps en entier dans l’espace (ex : glissement sur les fesses, marcher, courir, sauter, sauter à pieds joints, ramper, galoper rouler, aller à bicyclette, nager, skier, monter une échelle, suivre des rythmes, etc.)
• Les positions stables exigent un contrôle musculaire pendant un certain temps. (ex: s’asseoir, rester debout, se tenir à genoux, position ventrale sur deux ou trois appuis, etc.)

La motricité fine fait appel à l’utilisation, à la coordination et au contrôle volontaire de certains membres (bras et mains) et à la perception (œil). Elle est la capacité de faire avec précision de plus petits gestes et des mouvements plus fins. Les exercices visent à améliorer, régulariser et à installer cette finesse dans tous les gestes de l’enfant. Elle tend à renforcer les membres supérieurs. Elle se subdivise en deux catégories :
• La dextérité manuelle comprend le mouvement, la disposition et le déplacement de la main et des doigts dans l’exploration et l’utilisation des objets (ex. : ramasser, manipuler, relâcher, manier un bâton de hockey ou de golf, manipuler des billes, jongler avec une balle, dribler, coller et décoller des collants, découper, dessiner, s’habiller, se déshabiller, etc.)
• La coordination oculo-manuelle représente le travail d’équipe et l’interaction entre l’œil et la main. Les yeux s’ajustent constamment avec le mouvement des doigts et de la main (ex. : tourner la tête pour suivre un objet, préhension pouce-index, saisir, attraper, viser une cible, frapper une balle avec un bâton, enfiler des perles, superposer des objets, etc.)

Finalement, plusieurs études confirment ce que Piaget a toujours su, « le jeu est le travail de l’enfance ». Les jeux libres et les jeux dirigés sont essentiels au plan développemental de l’enfant. Le jeu est lié à l’apprentissage; des habiletés langagières, sociales et scolaires en passant par la confiance et la créativité. Alors, amusez-vous avec vos enfants!

Mélanie Blouin, BSc. Kin Vous avez des questions, commentaires ou suggestions, contactez-moi: m.blouin@lafsfa.ca

Références :
• Centre d’excellence pour le développement des jeunes enfants CEDJE. Encyclopédie sur le développement des jeunes enfants. http://www.enfant-encyclopedie.com/fr-ca/accueil.html
• HIRSH-PASEK, K., MICHNICK GOLINKOFF, R. (20 février 2009). Pourquoi jouer = apprendre. Encyclopédie sur le développement des jeunes enfants. http://www.enfant-encyclopedie.com/pages/PDF/Hirsh-Pasek-GolinkoffFRxp.pdf
• Programme-cadre pour l’organisme Québec-En-Forme. Sous la supervision de M. Claude Dugas, PhD, de l’Université du Québec à Trois-Rivières et M. Steeve Ager, conseiller en activité physique et sport de Québec-En-Forme. http://outils.quebecenforme.org/banquejeux/Fichiers/03%20-%20Cadre%20de%20programmation.pdf
• Note de cours universitaires. Université du Québec à Trois-Rivières, département des sciences de l’activité physique, Division Kinésiologie 7337. Différentes notes de différents professeurs et chargés de cours qualifiés. Année 2007 à 2010
• Votre enfant. La référence pédiatrique en ligne. Le développement psychomoteur de l’enfant (partie1) http://www.votre-enfant.com/wiki/Le_d%C3%A9veloppement_psychomoteur_de_l’enfant_(partie_1)
• Wikipédia. 10 octobre 2011.Développement psychomoteur http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9veloppement_psychomoteur
• BILLAUD, N. (Déc 2007). Développement psychomoteur de l’enfant de 0 à 2 ans. Signaux d’alertes. http://www.ammppu.org/abstract/pediatrie_0_2ans_seminaire/03_nb_dev_psyc_moteur_alertes.pdf
• La motricité fine chez le jeune enfant. (24 mars 2011) http://patynounou.wordpress.com/2011/03/24/la-motricite-fine-chez-le-jeune-enfant/
 

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