Les suppléments d’acide folique : Vraiment nécessaire?

Au Canada, on recommande aux futures mères de consommer un supplément de 400 mcg d’acide folique du moment de la conception jusqu’à la douzième semaine de grossesse. Cependant, ce supplément est-il vraiment nécessaire? Pour prendre une décision éclairée sur le sujet, il faut bien comprendre les raisons derrière cette recommandation.

L’acide folique est la forme synthétique du folate et fait partie de la famille des vitamines B. Selon l’Agence de la santé publique du Canada, la prise d’un supplément d’acide folique permettrait de diminuer de 46 % les anomalies du tube neural, c’est-à-dire de ce qui deviendra la colonne vertébrale, le cerveau et le crâne du bébé. Le tube neural se formant principalement dans les quatre premières semaines suivant la conception, lorsque bien des femmes ignorent être enceintes, il est préférable de commencer les suppléments avant d’obtenir le résultat du test de grossesse.

Parmi les anomalies du tube neural, le spina bifida est la plus fréquente. Cette maladie est caractérisée par des ouvertures anormales dans les os de la colonne vertébrale, rendant l’enfant infirme. Selon les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies des États-Unis, environ 4,6 bébés sur 10 000 verraient le jour avec cette condition.

Pour diminuer ce risque, Santé Canada estime qu’une femme enceinte devrait consommer 600 mcg d’acide folique par jour. En effet les femmes les moins susceptibles de porter un bébé atteint d’une anomalie sont celles qui prennent un supplément de 360 à 400 mcg tout en consommant 200 à 300 mcg de folate dans leur alimentation.

Il est en effet possible d’aller chercher le folate dans les aliments. Celui-ci est présent dans les légumes verts foncés, le maïs, les légumineuses et les oranges. De plus, les pâtes alimentaires, la farine blanche et la semoule de maïs sont obligatoirement enrichis en acide folique. Cependant, au Canada, on estime que la plupart des gens ne consomment pas plus de 100 à 200 mcg d’acide folique par jour.

Selon Santé Canada, certaines femmes sont plus à risque de développer des carences en folate et donc d’avoir un bébé souffrant d’une anomalie du tube neural. Parmi celles-ci, on retrouve les femmes qui ne prennent pas de suppléments, celles qui suivent un régime strict ou les femmes de faible statut socio-économique. Il est aussi important de savoir que les femmes épileptiques, obèses ou avec un diabète non-contrôlé, tout comme celles avec un historique familial d’enfants souffrant de cette condition ont plus de risques de mettre au monde un enfant malade.

Enfin, notons que les suppléments d’acide folique sont sécuritaires puisque, à ce jour, aucun effet secondaire à court terme n’a été rapporté. Par conséquent, les deux principaux facteurs à considérer lorsque vient le temps de prendre ou non un supplément d’acide folique sont les risques individuels d’avoir un enfant souffrant d’une anomalie du tube neural de même que la qualité de l’alimentation. Il revient alors à chaque femme de faire le choix qui lui convient.

Kathleen Couillard

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